Et si le temps s’arrêtait le soir du 16 août avec Il Tempio Delle Clessidre ?

Le combo transalpin a reçu beaucoup d’éloges à la sortie de son 1er album éponyme en 2010. Lorsqu’il viendra nous rendre visite, il sera peut-être accompagné de sa nouvelle galette. Entre deux prises de sons, Elisa et Fabio ont bien voulu nous consacrer un peu de leur temps précieux pour répondre à nos questions.


Quelle est l’origine du nom de votre groupe ? Faites-vous référence à la Rome Antique où la clepsydre était utilisée ?
Le nom de notre groupe trouve ses racines dans un album de Museo Rosenbach. « Il Tempio Delle Clessidre » est la dernière partie de « Zarathustra ». Notre 1er chanteur était Stefano « Lupo » Galifi qui venait de la formation Museo Rosenbach, donc le nom de notre groupe peut être vu un peu comme un lien entre le Rock Progressif typique des 70s et une interprétation un peu différente des mots « Temple » et « Sablier » (tout ça est expliqué métaphoriquement sur la couverture de notre 1er album). Le concept du temps est une sorte d’obsession pour l’être humain, nous essayons de le maîtriser, mais il nous échappe. Les représentations du temps et les outils de mesure sont contenus dans notre logo, tous sont centrés sur le symbole de l’infinité.

Pourriez-vous nous parler de la naissance de Il Tempio Delle Clessidre ?
Depuis 1999, notre claviériste Elisa Montaldo souhaitait monter un projet musical dans lequel elle pourrait créer librement et donc laisser libre cours à son inspiration. En 2006, elle rencontra Stefano Galifi et lui proposa de fonder un nouveau groupe de Rock Progressif. Lui avait envie de revenir au Prog, donc il accepta. Le point de départ a été le chef-d’œuvre des années 70 : « Zarathustra » que le groupe interpréta en live et puis après, ils ont commencé à travailler sur des morceaux originaux. Entre 2007 et 2009, le line-up a été consolidé. Le bassiste Fabio Gremo a rejoint le groupe, apporté sa contribution dans la composition des morceaux, puis avec Giulio Canepa à la guitare et Paolo Tixi aux percussions, nous avons créé une liste de morceaux pour notre 1er album. En 2012, Stefano Galifi est revenu à ses premiers amours en retournant avec la formation Museo Rosenbach et c’est ainsi que le talentueux Francesco Ciapica nous a rejoints. Nous continuons à travailler avec passion, car nous croyons en notre musique, elle est l’expression de notre identité. (NDLR : Francesco Ciapica a fait ses premiers pas sur scène avec ITDC en novembre dernier au Spriti Of 66 et ce fut un triomphe !)

Quelles sont vos formations musicales respectives ?
Elisa a commencé à étudier le piano classique à l’âge de 9 ans. Plus tard, quand elle a découvert le Hard Rock, le Métal, le Folk et le Jazz, elle a joué dans différentes formations et puis en 1996, en écoutant « In the Court Of The Crimson King », elle est tombée amoureuse du Prog. C’était la musique qu’elle recherchait ! Elle a ensuite intégré des groupes de Prog existants, jusqu’à ce qu’elle ait la chance de créer le sien. Elle joue et compose pour différents styles musicaux, Rock, Folk, Métal et même de la musique pour enfants. Fabio et Giulio ont tous deux un diplôme de guitare classique. Fabio a commencé avec la musique classique puis il a eu un véritable coup de foudre pour Queen et Iron Maiden , et à partir de là, il a commencé à développer son propre style qui mêle classique, Hard Rock, Heavy Metal, et musique acoustique. Il compose et fait également des arrangements pour d’autres genres musicaux comme le Folk entre autres. Pour Giulio, c’est le parcours opposé. C’est un mordu de Hard Rock, de Rock extrême, il est fan de Steve Vai et voulait apprendre à jouer de la guitare électrique. Il s’est ensuite intéressé à la musique classique. Paolo a étudié les percussions modernes que l’on trouve dans le Rock et le Jazz, il a ensuite développé sa technique tout en grandissant avec Helloween, The Who et Frank Zappa.

Comment composez-vous votre musique ?
Nos compositions sont guidées par notre imagination et notre amour pour la musique. Au travers d’elles nous essayons d’exprimer nos émotions, visions, histoires et de recréer une atmosphère typiquement vintage comme dans le Rock Progressif des 70s. Nous pensons que ces sons sont parfaits pour raconter des histoires fantastiques et donner un fort sentiment de « magie » et de « mystère ». C’est une façon complètement spontanée de faire de la musique. Quelque chose de magique se passe et la musique va se composer presque toute seule. Dans les 70s, la musique était un immense domaine vierge dans lequel on pouvait expérimenter de nouveaux sons, mais de nos jours, c’est plus compliqué d’innover, malgré tout, même si d’une manière ou d’une autre on s’inspire du passé, ça peut –être utile pour exprimer quelque chose d’original.

A ceux qui ne connaissent pas encore votre musique, que leur diriez-vous pour les inciter à acheter un album d’ITDC ?
A ceux qui ne connaissent pas encore notre musique, on pourrait leur dire cela : « Si vous voulez faire un voyage dans un monde imaginaire, ressentir des émotions et rêver dans un lieu où le temps s’est arrêté , fermez vos yeux et écouter ces 5 musiciens possédés par la musique, elle-même ! »

Vous avez commencé à travailler sur le second album en avril. Aurons-nous la chance de l’avoir pour le festival en août ? Pourriez-vous nous en parler brièvement ? Sera-t-il différent du premier ?
Oui, nous travaillons sur notre nouvel album. Hélas, nous ne sommes pas musiciens professionnels et donc il nous faut beaucoup de temps pour le réaliser. Nous espérons vraiment qu’il sera prêt cet été quand nous viendrons au festival. Nous travaillons dur pour y arriver. Il sera différent du précédent, principalement en raison du changement de chanteur : Francesco Ciapica est le principal chanteur sur cet album. Le style de l’album n’est pas si différent du précédent aussi bien dans les sons que dans les arrangements. Le thème principal de cet album est le problème constant entre l’Homme et la Nature raconté au travers de différents points de vue, avec des réflexions sur les diverses cultures dans le monde, des histoires et des visions surnaturelles complètement folles.

Dans les années 70, l’Italie était considérée comme la 2nde nation du Rock Progressif après l’Angleterre. Comment se porte-t-il de nos jours ? Avez-vous beaucoup d’opportunités pour vous produire sur scène ?
En Italie, nous avons beaucoup de nouveaux groupes de Rock Progressif, mais c’est difficile de donner des concerts et de faire connaitre ce genre musical qui reste marginal. Les principaux médias ne s’intéressent qu’à la musique commerciale et c’est à peine si vous arrivez à écouter quelque chose de différent. Il y a bien des festivals de Prog dans lesquels vous pouvez voir les célèbres (et anciens !) groupes de Prog et en ouverture de nouveaux groupes … donc ce n’est pas évident d’atteindre le public et de lui faire découvrir sa propre musique.

Pendant vos concerts, vous portez des masques, des vêtements particuliers, notamment gothiques pour Elisa, ce qui créé une atmosphère étrange et envoûtante. Le visuel est-il si important pour vous ?
C’est Elisa la « coupable » ! Oui, le look, l’image que nous renvoyons au public, sont très importants pour forger notre identité musicale. Depuis le début, l’idée était de construire quelque chose d’artistique pas seulement au niveau musical, mais également dans la chorégraphie et le style. Sur scène, un groupe doit captiver. L’esthétique et la musique sont profondément liées à la philosophie de notre projet. Bien sûr, il faut être sérieux et ne pas en faire de trop, mais on essaie ainsi d’exprimer le pouvoir magique que la musique peut avoir. Par exemple, nous utilisons des masques sur : « Danza Esoterica Di Datura/Faldistorum », afin de cacher nos visages et laisser le langage mystique de la musique s’exprimer directement sans expressions humaines. C’est alors que nous ne sommes plus que des « instruments de la Musique », et la Musique est un esprit qui nous relie à quelque chose de supérieur...

Est-ce la 1ère fois que vous allez jouer en France ? Avez-vous déjà entendu parler du festival Crescendo ? A quoi vous attendez-vous ?
Eh oui, c’est la 1ère fois que nous allons jouer en France et nous sommes très enthousiastes ! Le festival Crescendo est bien connu en Italie et nous nous imaginons une sorte d’endroit où le temps s’est arrêté, et où tout le monde vit dans une atmosphère magique, quelque chose d’un peu semblable aux grands festivals des 70S… un lieu où la Musique est profondément connectée à la Nature et aux émotions, et bien sûr, une fête où l’on peut écouter de la bonne musique !

Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux ?
Elisa : « Heritage » d’Opeth, tous les albums de Beardfish, « Viljans Oga » d’Änglagard, « 4603 battements » de Lazuli (qui ont joué en live en Italie l’année dernière).
Fabio : « Skyforger » d’Amorphie, « 4603 battements » de Lazuli.
Giulio : Les 2 premiers albums de Beardfish, « Viljans Oga » d’Änglagard.
Paolo : « Viljans Oga » d’Änglagard.

Enfin, pourriez-vous nous citer des groupes de Prog français ? Y en a-t-il que vous aimez ?
Nous aimons Ange (et plus particulièrement Elisa), Atoll et Lazuli. Le Rock Progressif français dégage une atmosphère unique, nous admirons la théâtralité et les mélodies (Ange a tout ça !). On pourrait également citer Malicorne, même s’il n’est pas sur le devant de la scène progressive, mais on y trouve des points communs (le rapport à la nature, l’exploration de la musique traditionnelle et folklorique). C’est un des groupes favoris de Fabio. Merci pour cette interview. On se voit bientôt à Crescendo !