INTERVIEW : RTD

Comment et quand votre formation a-t-elle vu le jour ? Qui sont les membres qui la constituent ?
Bertrand Mathieu : Le groupe est composé de : Frédéric Albier (Basse) -:- Jean-Luc Chauveau (batterie) -:- Bertrand Mathieu (clavier) -:- Francis Reix (guitare). Notre histoire débute il y a près de 40 ans par la rencontre au Lycée de Bertrand, Francis et Jean-Luc. Plus de détails de notre épopée au siècle dernier sur notre site internet et notre page Facebook... www.rtd-music.com Troisième millénaire, sur une initiative de Francis le groupe retravaille ensemble, rapidement rejoint par Fred qui apporte tout son talent et sa bonne humeur. Fin des années 2000, nous sommes prêts à prendre la route, mais un souci de santé et un accident de moto ont quelque peu contrarié nos plans... Heureusement la vie est longue et nous voici à nouveau sous les feux de la rampe...

« Rappelle Toi Demain », que signifie le nom de votre groupe ?
Bertrand Mathieu : C'est un clin d’œil à l'histoire du band. Nous voulions indiquer que nos racines étaient ancrées dans une époque maintenant révolue, mais que le groupe est résolument tourné vers l'avenir.

Quelles sont vos formations musicales respectives ?
Frédéric Albier (Basse) : J'ai commencé par la guitare, puis je suis rapidement venu à la basse car j’avoue une attirance particulière pour les fréquences graves, et puis d’un point de vue pratique, à l'époque beaucoup de groupes cherchaient des batteurs ou des bassistes plutôt que des chanteurs et guitaristes qui pullulaient, et comme je voulais jouer et intégrer rapidement une formation...
Bertrand Mathieu (KBD) : Enfant et adolescent, j'ai reçu une formation classique. Je n'ai pas encore fini de désapprendre le peu que j'ai appris. Autodidacte concernant les musiques amplifiées.
Jean-Luc Chauveau (Batterie) : Vers 12 ans j'ai fabriqué ma première batterie avec des tupperwares, une boite de gâteaux en fer et un cintre métal pour cymbale ! J’ai appris et joué en autodidacte presque jusqu'à 40 ans. Rencontre avec Xavier Parlant, batteur amoureux de l'instrument. Le pauvre, il a souffert avec moi...
Francis Reix (guitares) : J'ai commencé la guitare à l’âge de 14 ans (une planche de bois avec des cordes tendues dessus). Ma formation est autodidacte, puis j'ai participé à plusieurs projets rock, hard rock et folk. Mon premier groupe prog fut FranberjeanVI puis Quadrature dans les années 80. J'ai pratiqué de la création musicale sur film cinema16 en région parisienne. Puis de retour dans les années 90 à Limoges, j'ai monté le groupe prog Horizon puis Morrigan.


Comment qualifieriez-vous votre musique ? Quelles sont vos influences musicales ?
Frédéric Albier : Comment qualifier notre musique ? Eh bien c'est du rock progressif tout simplement, surtout instrumental avec quelques morceaux chantés, il y a diverses atmosphères au sein d'un même morceau quelques parties sonnent plus années 70, mais avec pas mal de moderne du genre néo-prog. Personnellement j'écoute beaucoup de métal, métal-prog, jazz moderne, pop, blues, j'aime bien le gros rock garage qui tache, ainsi que divers styles de musique qui bénéficient d'un son bien léché où l'on sent le gros travail de studio derrière, et de temps en temps du classique aussi à ne pas oublier.
Bertrand Mathieu : Du rock (prog). C'est indéniablement l'ingrédient de base du cocktail. Mais l'on retrouve également un soupçon de métal rehaussé d'une pointe de jazz-rock...
Jean-Luc Chauveau : Rock, tantôt prog, tantôt plus hard, avec le souci de travailler les ambiances.

Comment se déroule le processus d’écriture des morceaux au sein de votre groupe ?
Frédéric Albier : Je pense que tout le monde sera d'accord avec moi pour dire que c'est un travail en commun, il y en a un qui commence à faire tourner un plan et si celui-ci plaît, alors les autres viennent y greffer leurs idées, et l'on voit ce que cela peut donner en bricolant tout ça.
Bertrand Mathieu : Aujourd'hui, c'est véritablement le fruit d'un travail collectif. Les idées naissent spontanément en répétition, les plus pertinentes sont consignées. Chaque membre du groupe se les approprie et fait des propositions en terme de couleur, d'ambiance, d'articulation...Le résultat final est validé tacitement par le groupe.
Jean-Luc Chauveau : Le travail se fait collégialement malgré la distance qui me sépare. Toutes les idées sont explorées donc le morceau nous ressemble et nous rassemble.

Quels sont vos projets pour l’avenir proche ? Faire un album ?
Bertrand Mathieu : Oui, cela sera le fil rouge en 2015 pour RTD...
Francis Reix (guitares) : Et se battre pour obtenir plus de Live.

Que pensez-vous du rock progressif en général ? Sur la scène actuelle, quels sont vos groupes préférés ?
Frédéric Albier :
Je pense qu'après une longue période de solitude, le rock prog retrouve enfin ses lettres de noblesse petit à petit. J'ai remarqué que parfois des gens écoutaient du prog sans savoir que c’était du prog, C'est une musique très riche qui englobe un nombre incroyable de styles différents, le prog ratisse très large, cela peut passer du rock au métal en passant par le folk, le gothique, la musique traditionnelle etc... il y en a pour tous les goûts : Frost, Pain of Salvation, Opeth, IQ, Dream Theater, Peter Gabriel, Devin Townsend, Haken, Pendragon, etc... Bertrand Mathieu : Pour nous qui à force d'avoir 20 ans en avons maintenant 50, c'est synonyme d'un âge d'or. Nous nous réjouissons de voir que cette musique connait un certain revival après une longue période de déclin.
Jean-Luc Chauveau : Cette musique revient en force en étant beaucoup plus abordable qu'il y a 25 ou 30 ans. Elle est moins folk et plus métal, plus dans l'air du temps.



Vous partez sur une île déserte et ne devez prendre qu’un seul album. Lequel glissez-vous dans vos bagages ? Et pourquoi ?
Frédéric Albier :
Vaste question, Peut-être "Dark Side Of The Moon" de Pink Floyd car c'est un album vraiment intense qui peut réserver de nouvelles découvertes à chaque écoute, et en plus il parait qu'il est idéal pour tester de nouvelles enceintes suivant les endroits où l'on se trouve, donc très utile.
Bertrand Mathieu : Fichtre, quel choix cornélien ! Bon finalement je pars avec « Yessongs », le triple live de YES sorti en 73 qui consacre définitivement le groupe au rang de superstar du rock. C'est vraiment avec ce disque que je suis tombé dans le chaudron. J'ai acheté cet album des dizaines de fois. Pour le remplacer, usé jusqu'à la corde à force de l'écouter sur l'espèce de charrue qui me servait de platine à l'époque ou pour l'offrir et faire partager mon enthousiasme pour cet univers merveilleux. J'ai même fait l'acquisition de la version anglaise à quatre volets avec en prime une illustration inédite (en France) de Roger Dean. Ceux qui n'ont connu que les CD, ne peuvent pas comprendre à quel point les pochettes de 33 tours étaient de magnifiques objets, parties intégrantes de l'identité du groupe... J'écoute beaucoup de radios ''prog'' sur Internet, chaque fois que j'entends un extrait de cet album je replonge dans mon adolescence – effet Madeleine de PROUST garanti. Cerise sur le gâteau, comme je ne suis pas une fée du logis, il y a une petite chance qu'un autre artiste se soit invité dans l'une des trois pochettes (ce n’est pas de la triche)....
Jean-Luc Chauveau : Dur dur, « Second Out » de Genesis : Toutes les couleurs que j'aime se trouvent dans cet album. Des frissons garantis à chaque écoute (pour ne pas mentir, d'autres albums seraient cachés dans mes valises....)
Francis Reix : Moi je prends "Crime Of The Century" de Supertramp.

C’est donc la 2nde fois que RTD jouera sur la scène du festival Crescendo. Quels souvenirs gardez-vous de votre passage en 2007 ?
Bertrand Mathieu : La qualité de l'accueil de toute l'équipe crescendienne et la bonne humeur qui règne dans les coulisses du festival. De surcroît, l'esplanade du Concié est un lieu vraiment unique au même titre que Venise, ou le Mont Saint-Michel...c'est une réelle chance de pouvoir s'y produire.
Jean-Luc Chauveau : La chance d'être là, l'ambiance, l'accueil et la chaleur de l'équipe crescendo et des autres musiciens. Et pour être franc, la peur de cette scène immense avec plein de spectateurs qui ont les yeux rivés sur vous. Mais quel bonheur après de pouvoir dire: J'y étais et j'espère pouvoir recommencer un jour.

Souhaitez-vous faire passer un message au public « crescendien » ?
Jean-Luc Chauveau : Qu'ils ont la chance d'avoir des gens qui prennent sur leur temps libre pour remuer ciel et terre et leur faire partager de belles émotions.
Francis Reix : Le prog n'est pas mort, vous les Crescendiens vous en êtes la preuve.

Et pour finir, quelle est la devise de RTD ?
(Tous en chœur) ''Les pieds dans le rock, la tête ailleurs...''