Sur les traces de Pär Lindh Project

Pär Lindh est avant tout concertiste classique mais c’est aussi un amoureux de rock progressif. Avec sa formation « Pär Lindh Project », il a contribué au renouveau progressif scandinave des années 90.

Pär, tu es le membre fondateur de PÄR LINDH PROJECT. Peux-tu nous parler de sa naissance ?
PLP a vu le jour en 1995. En fait, j’avais réalisé un album solo « Gothic Impressions » qui remporta un franc succès et fut récompensé dans de nombreux pays. C’est à ce moment-là que j’ai été sollicité pour faire une tournée mondiale mais je n’avais pas de groupe et j’ai donc dû rapidement former PÄR LINDH PROJECT.

Qu’as-tu fait avant PLP ?
Avant PLP, j’ai eu une carrière classique en tant que pianiste, organiste, et claveciniste, mais depuis mon adolescence j’aime la musique progressive qui n’est en fait qu’un mélange de musique classique et de musique rock.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, peux-tu nous décrire votre musique ? Quelles sont tes influences ?
On peut dire que la musique de PLP a une structure classique mais est jouée avec un mélange d’instruments anciens et d’instruments modernes, c'est-à-dire classiques et électriques. Mes influences sont nombreuses et la musique baroque est l’une d’entre elles.


Après « Time Mirror » qui s’est voulu vraiment différent des précédents albums, as-tu déjà des idées pour le prochain ? As-tu des projets en solo ?
J’ai beaucoup d’albums dans les tuyaux. J’ai écrit un concerto classique que je vais enregistrer à l’automne pour en faire un CD. J’ai également des idées pour un nouvel album de Rock Progressif de même que pour un album de Jazz et j’ai pratiquement terminé l’enregistrement d’un album dans lequel je joue des morceaux de piano, d’orgue et de clavecin.

En 1991, toi et tes amis créiez la « Swedish Art Rock Society ». De quoi s’agissait-il exactement ? A-t-elle joué un rôle prépondérant dans le monde du Rock Progressif suédois ?
Il semble que la « Swedish Art Rock Society » CRIMSON créée en 1991, a joué un rôle très important dans les années 90, pas seulement sur la scène suédoise mais également à l’échelle mondiale.  C’est parce qu’en fait, elle est arrivée au bon moment. A cette époque-là, beaucoup de gens à travers le monde rêvaient d’un renouveau du Rock Progressif. Et d’un seul coup, il y a eu le tout premier festival dédié uniquement au Prog qui a eu lieu dans ce pays appelé la Suède. Cela a créé un buzz et donné envie à beaucoup de groupes suédois de faire des albums et aux amoureux de Prog d’organiser des festivals. Internet a contribué énormément à ce renouveau, les principaux médias ayant lâché le Prog depuis si longtemps ! Le Rock progressif n’est pas un style musical commercial et on peut carrément dire que cette musique a été « blacklistée » par les principaux médias depuis la fin des 70s. Il est donc très difficile de percer dans la musique en de telles circonstances. Cependant PLP a connu un gros succès dans les années 90 en Argentine et au Brésil, ce qui lui a permis de se faire connaître des pays européens et des Etats-Unis.


A l’instar de ANGLAGARD en 2012, vous êtes cette année la tête d’affiche du festival Crescendo. Qu’attendez-vous de ce passage ? Avez-vous déjà eu des échos de ce festival ? Je ne connais pas le festival mais je suis impatient de venir et d’y jouer. J’adore la France car j’ai étudié la musique à Paris, j’ai aussi donné de nombreux concerts là-bas. J’ai d’ailleurs joué du clavecin dans un château à l’extérieur de Bordeaux il y a de nombreuses années, donc revenir dans cette région pour y jouer de nouveau va être très excitant !

Quel est ton point de vue sur la France, toi qui y as vécu de nombreuses années ?
Et bien j’ai des souvenirs très affectueux de la France et elle a forgé ma vie. Par exemple, j’ai joué une de mes compositions lors d’un concert en Suède le 13 février, un gars est venu me voir et m’a dit que cette musique sonnait très français ! Je vais aussi partir quelques jours en vacances à Paris, et ça me donne en fait l’impression de rentrer à la maison.