Interview : Opyke, un groupe « made in Guyane ».

Pascal, tu fais maintenant partie des habitués du festival depuis ton 1er passage en 2011 avec Kiko King. Crescendo t-a-t-il apporté quelque chose musicalement et humainement parlant ?
Musicalement, Crescendo me fait découvrir de nombreux groupes de qualité dont j’ignorais bien souvent l’existence. J’ai écouté longtemps les premiers groupes de musique progressive, à l’époque même où ils sortaient leurs disques et passaient en concert à Paris. Sans Crescendo, je crois que je ne me serais pas remis dans le bain pendant un bon moment. Tant de groupes en activité, jeunes et moins jeunes, inspirés par ce mouvement musical, c’est un bonheur. Humainement parlant, Crescendo est fait de rencontres chaleureuses : le public, les organisateurs, les bénévoles, et puis les artistes bien sûr. Crescendo me donne l’occasion de rencontrer et de provoquer des rencontres au sein de cet événement tout simplement fantastique.


Tu es musicien de formation. Peux-tu nous parler un peu de ton parcours musical ?
J’ai débuté par le piano, tout jeune. Surtout classique. Puis ce fut la basse à l’adolescence, avec le début des groupes, des concerts, des disques, des interviews radio, télé, une première phase de professionnalisation je dirai. Jusqu’au jour où j’ai fait la connaissance du Stick Chapman, et depuis nous ne nous quittons plus.

Cette année, vous revenez en force avec OPYKE, un quintet hétéroclite et détonnant. Dans quelles circonstances votre formation a-t-elle vu le jour ? Qui sont les membres qui la constituent ?

C’est simple, sans Crescendo, il n’y aurait probablement pas eu OPYKE. Pour l’histoire, c’est Kiko King, le batteur du STICK DRUM DUO, qui a établi le contact avec Crescendo. Puis Sébastien nous a proposé de faire une résidence en Guyane avec des musiciens installés sur place, dans l’objectif de faire un concert aux NUITS CRESCENDO qui ont eu lieu en octobre dernier. Le groupe s’est monté, très vite soudé, pour donner un premier concert au bout de quelques jours de travail. Un moment extraordinaire, tant la résidence que l’instant du concert. OPYKE est constitué d’Eric Bonheur à la guitare, Yann Cléry à la flûte, Kiko King à la batterie, Omar Sepulveda aux percussions et moi-même au Stick Chapman.


Vous évoluez chacun dans des univers semble-t-il bien différents. Quelles sont les influences musicales de chacun ? Et les formations de tes acolytes ?
Effectivement, l’univers musical de chacun est fort différent. Je dirai en simplifiant que Éric a une forte culture jazz, Yann une culture jazz, hip hop et reggae, Omar une culture world et Kiko une culture rock. Quant à la formation de mes acolytes, elle est solide !

Comment décririez-vous la musique d’OPYKE ? Peut-on parler de « World Music » ?
On peut bien entendu parler de World Music par essence, vu déjà les distances qui nous séparent (pas facile pour répéter !) et les origines : Kiko est d’origine mexicaine, Omar chilienne, Éric antillaise, Yann guyanaise et moi je suis de Paris. Maintenant, on y met tous de soi, ce qui fait qu’elle nous représente, avec des facettes rock, jazz, world, groovy, planantes aussi. C’est une musique très “progressive” à mon sens.

Vous étiez donc aux « Nuits Crescendo » à Montsinéry-Tonnegrande en Octobre dernier. Comment avez-vous été accueillis par le public guyanais ? Quels souvenirs gardez-vous de ce concert ?
Nous gardons un souvenir extraordinaire, rempli d’émotion et d’énergie. C’était notre premier concert et nous avions vraiment envie de tout donner. Et le public nous a suivis. C’était chaud !!


Pascal, toi qui connais le public de St Palais, le trouves-tu si différent ?
St Palais, c’est une ambiance incroyable, face à l’océan, avec sa scène qui met en son et lumière cette atmosphère si particulière. Forcément le public entre en phase et participe à la fête.

C’est donc le samedi 23/08 que les métropolitains vous découvriront sur scène. Comment allez-vous vous y prendre pour répéter malgré les nombreux kilomètres qui vous séparent ?
Nous nous retrouvons début août pour répéter et donner quelques concerts avant.

Que dirais-tu aux festivaliers pour leur donner envie d’assister à ce concert ?
A ceux qui me connaissent et m’ont entendu dans les précédentes éditions, qu’ils vont entendre du Gutman comme ils ne l’ont jamais entendu ; des retrouvailles sous le signe de la redécouverte. Et à ceux qui ne nous connaissent pas, qu’il serait vraiment dommage qu’ils ratent ce moment qui risque d’être fort !!

Et après le festival Crescendo, qu’envisagez-vous pour OPYKE ? Un album  peut-être ?
Nous avons un album en cours, qui devra être présent lors du festival. Nous projetons déjà de nous retrouver en studio en 2015 pour la suite de l’aventure.