BIOGRAPHIE CRESCENDIENNE : Jean-Claude ADELMAND

Jean—Claude Adelmand, glacier à St-Palais, est le créateur des affiches du festival.


JC, tu es l'un des fondateurs du Festival Crescendo qui a vu le jour en 1999. Peux-tu brièvement nous retracer sa genèse ?
En fait, l'histoire date de 1998 où le festival devait se coupler avec une association bordelaise. Dire que je suis un des fondateurs est un peu trop. Disons que je suis là depuis le début. Je n'ai jamais été - à cause de ma profession - sur le terrain. J'ai apporté mon lot d'idées, d'ordre créatives plus que constructives... c'est mon côté imaginatif... Mais je n'ai jamais eu la trempe d'entrepreneur et de meneur qu'à Sebastien Monteaud. Crescendo est né de bons nombres de personnes, de bénévoles, trésoriers, secrétaires, j'en passe... Plein de gens qui ont donné de leur âme et de leur sueur pour faire vivre la machine à rêve. Je me rappelle bien de cette année 1998. Sébastien voulait faire des concerts, l'idée de festival était prononcée mais en suspend... On se connait depuis l'école primaire, on a partagé beaucoup de choses et d'idées ensemble (de la pire connerie de gamin aux courts métrages débiles qu'on se faisait le week-end). On aime le cinéma, la musique, l'art... bref on se marrait. Seb savait que je dessinais : il lui fallait une affiche... c'est parti comme ça... et la première mouture, la toute première affiche que personne n'a vue (elle était en bichromie), eh bien, je lui rends un petit hommage cette année.

Quel regard portes-tu sur toutes ces années ?
Je n'ai qu'une chose à dire : Crescendo porte parfaitement son nom.

C’est toi qui conçois les affiches, toutes plus surréalistes les unes que les autres. Où trouves-tu l’inspiration ?   Y-a-t-il un fil conducteur ?
L'inspiration ?... au fond de moi, au fond de mes rêves et de mes cauchemars. Je me laisse toujours aller vers une idée qui m'est plaisante, puis je la torture. J'aime faire du beau avec du laid et inversement. Ainsi, on retrouve souvent l'idée de la chair mêlée à l'acier, un corps qui semble torturé mais en extase, en vérité. Une idée qui me plait est de me dire que le musicien et son instrument peuvent se fondre en un. La fusion est un thème qui m'est très cher. C'est comme une fécondation : deux corps étrangers se mélangent et donnent la vie... Il faut par exemple voir un accouchement : on y perçoit un billion d'émotions qui vont du gore à l'émerveillement. La vie, quoi ! Bien entendu, le fil conducteur demeure la musique. Je me dois de m'y référer mais c'était assez réducteur. C'est ainsi que nous avons créé le "Pink Fluid". Comment dessiner la musique ?... oui, mettons une guitare, des instruments et voilà... ça ne me suffisait pas. Dire que le Rock Progressif deviendrait un jour une musique si dense qu'elle deviendrait une matière palpable a été le déclic : le Pink Fluid, clin d'œil à Pink Floyd, certes, mais aussi une manière de montrer la musique, en image sans pour autant dessiner des notes ou un guitariste en plein riff.


Combien de temps faut-il pour réaliser une affiche ?  Quelles sont les différentes étapes ?
C'est tout mon problème. Je ne suis pas rapide, car anxieux... Je commence, recommence, encore et encore... En gros, il me faut deux mois... pas à temps plein... mais, comme un cuistot, je laisse reposer le plat... je goûte, j'assaisonne... je jette, je recommence...etc... Pour ce qui est des étapes... c'est tout ou rien, pas de règles... Je vais être très ordonné : du croquis au résultat final avec des études d'éclairages en 3D... ou alors, c'est le pétage de câble et je fais tout d'une traite.

 
Quel message souhaites-tu faire passer au travers de ces affiches ?
Mon message ?... L'Art est la dernière de nos libertés absolues. J’ai toujours eu carte blanche pour œuvrer. ESSENTIEL !! Sans quoi je ne fais rien de bon. Il est vrai que certaines de mes affiches ont choqué... Mais j'aime ça aussi, titiller... et faire des affiches de concerts lambda, ça n'a aucun intérêt, elles se ressemblent toutes. Je ne dis pas que ce que je fais est génial ou unique. Disons que nous sommes libres... et ça ne peut pas plaire à tout le monde. Par contre, tout le monde s'en souvient !


Tu es donc très actif au sein de l’association depuis 1999 mais ton métier t’empêche  d'aller au festival. Cela n’est-il pas frustrant ?  As-tu malgré tout pu assister au moins à un concert ?
Très actif ? Je ne sais pas... je travaille en décalé par rapport au reste de l'équipe... je fais mon boulot de décembre à février et je n'ai malheureusement jamais pu participer au gros du travail de l'association. Je suis un peu l'ermite de Crescendo. J'ai eu le plaisir de voir quelques concerts en 2000 (Iconoclasta, Mostly Autumn), Lazuli, Encore Floyd, un bout de Focus par ci, un bout de M. Manring par là... pour le reste je n'ai rien vu si ce n'est que quelques minutes le temps de dire bonjour à toute l'équipe... Frustrant... certes, mais c'est comme ça... ils n'ont qu'à faire ce foutu festival au mois de janvier !


En tant que Saint-Palaisien, quel est ton ressenti sur la façon dont les habitants ont accueilli le festival, sur ce que le festival a apporté à Saint-Palais ?
Très honnêtement, pas facile à dire. Au tout début, on passait sans aucun doute pour des saltimbanques, des faiseurs de boucan avec cette vieille idée que concert rock égale débauche... la peur de voir arriver des festivaliers avinés, des débordements... le syndrome de Woodstock sans doute... Les gens ont rapidement vu qu'il n'en était rien, au contraire, même si cette musique peut parfois sembler pointue ou étrange pour certains, il n'en demeure pas moins que ceux qui n'aiment pas, ont été rassurés tant le festival, en dehors des décibels, se passe dans le calme.


Tes groupes de prog préférés, qui sont-ils ?  Ton dernier coup de cœur musical ?
Et c'est là que c'est étrange. Je n'ai jamais été fan de Prog. J'aime cette musique, certes mais ce n'est pas celle qui me touche le plus. J'adore Floyd, Genesis, Porcupine Tree, Anglagaard ou les Flower Kings, mais mon cœur penche avant tout pour la musique de films et ça depuis toujours. Par contre ces deux genres sont souvent très proches.

T'es Plutôt Cognac ou Pineau des Charentes ?
Désolé mais j'aime le bon rhum... finalement je ne suis pas très terroir... les racines, ça empêche peut être de se tirer du sol...