Coup de projecteur sur Iconoclasta

Jamais 2 sans 3… Ce proverbe s’avère exact pour ICONOCLASTA qui quelques 12 ans plus tard revient fouler les planches de Crescendo. Flashback sur ce groupe phare des années 80 qui a marqué la scène progressive sud-américaine.


ICONOCLASTA est considéré comme le meilleur groupe symphonique mexicain. Pouvez-vous nous parler des tout débuts ?  C’était il y a un peu plus de 30 ans.
Eh oui, déjà 33 ans… Ricardo Moreno et Ricardo Ortegón ont toujours été amis, depuis l'enfance. La sœur de Ricardo, Rosa Flora, étudiait le piano et Nohemi sa fiancée jouait de la guitare, mais elle n'avait jamais essayé la basse. C'est ainsi que nous avons commencé à assembler les premières compositions de Ricardo en 1980. Le 13 Décembre nous avons débuté avec notre premier concert à la librairie "El Agora". Il y avait beaucoup d'amis et nous avons rempli la salle. C'était un jour très fort, parce que la semaine précédente John Lennon avait été assassiné. Avant de jouer nous avons lu un texte d'adieu qui disait: «Aujourd'hui, nous sommes tous John. » C'était très émouvant. Nous avons joué pendant plus d'une heure, les gens sont sortis surpris et heureux.

Comment qualifieriez-vous votre musique? Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Nous appartenons au rock progressif et aimons depuis toujours le bon rock anglais. Je me rappelle qu'enfants, Ricardo Moreno et Victor passaient des journées entières à écouter "El Tarkus" de ELP. C'était le groupe favori de tout le monde, c'est pour cette raison que notre groupe s'appelle aujourd'hui ICONOCLASTA. Des années plus tard, quand nous enregistrions le premier album en 1983, nous avions l'habitude de sortir ensemble pour écouter des groupes progressifs italiens. Nous aimions les albums conceptuels. C'était merveilleux d'entendre Locanda delle Fatte,  La Corte dil Miracoli et Goblin. Ils sont géniaux !


Comment fonctionne le groupe et comment sont prises les décisions ?
Ricardo Moreno compose les morceaux, aujourd'hui il nous donne une démo avec rythme et basse. Nous mettons en place les bases, chacun travaille à la maison et nous répétons de nouveau ensemble. Greta écrit quelques paroles, mais Ricardo Moreno produit les disques, fait les arrangements et l'assemblage. Ricardo Ortegón s'occupe de l'administratif, de la presse et organise les tournées.

Quels sont les centres d’intérêts d’ICONOCLASTA?
Nous cherchons à intéresser de nouveaux publics, nous souhaitons que les personnes qui ne connaissent pas le rock progressif s'en rapprochent. Maintenant nous diffusons les vidéos sur You Tube et nous avons de bonnes relations avec MUSEA. Notre nouvel album est très bon et nous voulons que tout le monde le connaisse. Quatre CDs sont disponibles sur iTunes.

Votre dernier opus « Resurreccion » est sorti en 2009. Avez-vous un nouvel album en préparation ?
Oui. « Movilidad » est le titre du nouvel album. Nous avons commencé à enregistrer à la fin de 2012 et nous en sommes à l'étape d'assemblage. Il a été produit par Ricardo Moreno. Un ami de toujours, Jorge Orozco, nous a beaucoup aidés dans l'assemblage. « Hoy tal vez » sortira comme premier single et vous pouvez voir une démo-vidéo sur YouTube.

Vous revenez cette année au festival Crescendo après deux passages successifs en 2000 et en 2001. Quels souvenirs gardez-vous de ce festival ?
Saint-Palais sera toujours notre maison. Nous avons été accueillis si chaleureusement par Sébastien et sa famille ! La 1ère fois, nous avons joué avant Mostly Autumn et la deuxième fois avant After Crying. Etaient présents des groupes incroyables pour les deux occasions. Nous avons pris notre pied au bord de la mer, trinqué avec le meilleur vin du monde, écouté de la bonne musique avec de grands amis comme Janos Vargas. Là-bas nous avons enregistré notre CD « Live en France », avec le soutien du groupe marseillais Eclat. Merci à Crescendo, ils nous ont emmenés au Prog Sud 2003. Puis nous sommes allés à l'anniversaire de l'organisation en mai 2003 à Saujon où nous avons été reçus au domicile d'un conseillé. Nous n'avons jamais cessé de penser à eux.


Que s’est-il passé pendant toutes ces années au sein de votre formation ?
Beaucoup de choses. Après « Live in France », Ricardo Moreno a acquis un nouveau studio d'enregistrement logiciel Digidesign Pro Tools. Cela a marqué l'indépendance du groupe face à la dictature des studios. Il a commencé à étudier la production, expérimenter des maquettes, décomposer les rythmes de tout le répertoire, C'est alors que le groupe a commencé à emporter en concert toutes les facilités d'un studio, moniteur personnel, rythmes et basses sur piste. Les présentations ont gagné en qualité, les chanteurs pouvaient parfaitement entendre leur voix, la basse de Greta s'est accrochée à la batterie et tout à coup, nous enregistrions de nouvelles pièces pour «Resurrecion».

Avez-vous des opportunités pour vous produire sur scène ?  Comment se porte le Rock Progressif au Mexique ?
Nous continuons à jouer régulièrement. Nous venons de participer à un Fest Prog organisé par la mairie de Mexico et récemment en décembre nous avons fait un concert à la radio universitaire qui a été diffusé sur Internet dans le monde entier. C'était le 32e anniversaire du groupe et c'était rempli au maximum. La scène mexicaine voit l'émergence de nouveaux groupes de jeunes musiciens qui aiment le côté psychédélique de leurs parents. Les nouveaux groupes s'orientent vers les atmosphères et l'improvisation, contrairement à nous qui parions sur la composition et l'arrangement. Le nouveau Rock Progressif mexicain a été influencé par le Free Jazz. Nous voyons aussi l'apparition de performers de Chapman Stick, ce qui n'existait pas au Mexique.

Bernardo Lanzetti qui fut chanteur de PFM dans les années 70, définit les musiques progressives comme étant de la « Musique pour l’Humanité ». Quand la musique n’a pas à se soucier  des contraintes imposées par l'industrie musicale, les médias, elle peut devenir une véritable expérience humaine. Partagez-vous ce point de vue ?
Bien sûr ! Le Rock Progressif a été la première musique mondiale qui a prêté attention aux différentes influences de parties du monde diverses et éloignées. Jethro Tull a introduit la musique celtique et le blues noir. Comment l'expliquer ? ELP interprétait Mussorsgy (Russie) et Ginastera (Argentine). Ce sont pourtant des pays très éloignés. Le Rock Progressif ne peut s'expliquer sans fusion humaine, celle qui va d'une culture à une autre, d'une école à la suivante. Sages paroles que celles de Bernardo.


Question pratique, nous avons cherché en vain votre site Internet. Il semble ne plus exister ou il se cache bien. ICONOCLASTA est-il présent sur le Web ?
Oui, Internet est très important pour nous.

Nos sites Internet :
http://www.myspace.com/musicaiconoclasta
https://www.facebook.com/iconoclasta.rockprogresivo

Quelques extraits de notre nouvel album « Movilidad » :
Hoy, Tal vez : http://www.youtube.com/watch?v=OSbdBSdnqWQ

Transhumanista Tremolo Hacer Patria :
http://www.youtube.com/watch?v=tti7eX6VRXo&list=PLA084A70C204E75CE

  32 Aniversario Iconoclasta Jaime Sabines "Duerme" :
http://www.youtube.com/watch?v=oFUcVwNqj5g&list=PLA084A70C204E75CE