BIOGRAPHIE CRESCENDIENNE : Brendan

Brendan, tu vis en Indre et Loire. Comment as-tu connu le festival Crescendo ? Tu as intégré l’association cette année, mais en 2013, tu as déjà vécu le festival « de l’intérieur », puisque tu étais stagiaire. Etait-ce la première fois que tu venais au festival Crescendo ? Comment l’as-tu connu ?
Mon adolescence a été accompagnée par le rock progressif et vivant à Tours, la seule manière de partager et d'approfondir ma passion a été Internet, ce qui je pense est le cas de beaucoup de progueux aujourd'hui ! Étant donc actif sur certains sites et forums, je ne pouvais qu'être au courant de l'existence d'un tel festival même s'il m'a fallu bien six ou sept ans pour finalement y venir ! Je n'écoute pas que du prog mais les festivals de ce genre ne sont pas légion et j'ai toujours gardé un oeil sur sa programmation. Malheureusement, la distance et le fait que j'étais encore mineur il y a quelques années m'empêchait d'y assister de mes propres yeux.


En quoi consistait ton stage ? Quelles tâches t’ont été confiées pendant toute la durée du festival (Off/In) ?
J'ai été présent sur Saint-Palais-sur-Mer pendant trois semaines complètes. Puisque tout le travail de programmation et de préparation technique du festival avait forcément déjà été bouclé, officiellement mon travail était sur toute la production sur le terrain... officieusement j'étais surtout l'ombre de Sébastien ! Plus sérieusement, j'ai eu l'occasion de mettre la main à la pâte sur à peu près tout : après une phase intensive de communication, j'ai assisté les techniciens pour monter les scènes, en particulier celles d'Arabs in Aspic et Franck Carducci pendant les OFF, j'ai également servi d'interprète anglais-français pour les artistes (ce qui n'est pas une tâche négligeable sur un festival international !) etc...

Quels souvenirs gardes-tu de ces jours intenses ? As-tu une anecdote à nous raconter ?
En plus de l'équipe Crescendo qui m'a intégré très rapidement comme si j'étais un membre de sa famille, j'ai gardé un contact très proche avec les norvégiens d'Arabs in Aspic. Ces types sont aussi énergiques et extravagants qu'ils le laissent paraître sur scène. Étant en charge de les ramener à l'hôtel le premier soir de festival, je me rappelle être resté avec eux au campement des Imbibés jusqu'à cinq heures du matin, alors qu'ils reprenaient des grands classiques du rock progressif. Et voir le claviériste Stig Jørgensen reprendre Echoes ou encore The Musical Box dans son entièreté avec pour seul instrument une vieille guitare acoustique et sa voix pour imiter les solos de Tony Banks, ça n'a pas de prix ! Et qu'on ne me dise pas que les scandinaves sont un peuple froid !

Toi qui portes un œil nouveau sur le festival, penses-tu que l’on pourrait y apporter certaines modifications /améliorations ?
La programmation étant toujours très originale par rapport à ce qu'il se fait en France en musiques actuelles, pour moi l'objectif premier du festival est de développer chaque année son affluence de spectateurs. Il le fait déjà très bien en étant gratuit et en effectuant des mini-tournées OFF, donc il est difficile de savoir ce qu'il faut faire de plus ! Attirer un plus grand public, ça nécessite soit d'amener une tête d'affiche, soit d'élargir les activités proposées pendant le festival. Mais on a déjà essayé de faire une bourriche, alors j'espère plutôt qu'on fera venir Steve Hackett en 2017 !

Tu es maintenant le webmaster du nouveau site de Crescendo. Peux-tu nous en parler un peu ? Il n’ y a plus de forum. Même s’il était quelque peu déserté, pourquoi l’avoir supprimé ?
C'est une réalité qu'on ne peut pas ignorer, les réseaux sociaux ont éclipsé les forums communautaires de la surface du net. Facebook étant le principal moyen de relais, il est important de ne pas non plus sur-multiplier les moyens de communication, de partage et d'information entre les festivaliers crescendiens ! Mais s'il y a une refonte intégrale, il n'est pas interdit de faire évoluer le site, et je songe à intégrer des commentaires Facebook directement dans le site pour le dynamiser. Par ailleurs, il reste une partie encore fermée du site qui sera consacrée aux archives photos, audio et vidéo du festival depuis ses débuts. Il ne faut pas oublier que le festival a 15 ans cette année et que ça fait un beau nombre de documents live à découvrir !

Tu fais partie de la jeune génération qui généralement ne s’intéresse pas au rock progressif. Depuis quand t’intéresses-tu à ce courant musical ? Quel groupe t’a donné le déclic ? Qu’est-ce qui te plait dans cette musique ? T’intéresses-tu à d’autres styles musicaux ?
J'ai pourtant commencé par le rock progressif quasi-exclusivement, étant influencé par les goûts de mon père, un vrai enfant de la génération X. C'est une musique qui a tendance à tirer sur les longueurs et qui a tendance à être grandiloquente donc je pense sincèrement que cela aide d'avoir quelqu'un pour t'y initier et je doute que je serais tombé dans une marmite de prog par moi-même dès le début. Cela dit, j'ai été un gros geek dans mes jeunes années, et je suis certain que mes aventures chevaleresques vidéoludiques m'ont aidé à me mettre dans le bain des épopées lyriques de Yes par exemple ! Personne n'est naturellement curieux de tout et n'importe quelle porte d'entrée est bonne à prendre...

Concernant les autres musiques, j'avoue avoir un penchant pour tout ce qui fait saigner les oreilles, du free jazz au death technique en passant par la musique contemporaine mais ce n'est pas mon leitmotiv en musique. Comme le rock progressif, ce sont des musiques qui demandent de l'attention, mais il n'y a pas de bonne ou de mauvaise musique dans l'absolu, seulement des bonnes et des mauvaises façons d'écouter. En fonction de la personne, du contexte et du moment, un morceau de Britney Spears peut avoir autant d'intérêt qu'un bon King Crimson !

Quels sont tes groupes favoris  de rock progressif ? Et ceux que tu aimerais voir programmés à St Palais (en tenant compte du budget de l’asso) ?
Je suis tout particulièrement attaché aux piliers de l'âge d'or du rock progressif : Pink Floyd, Magma, Jethro Tull, King Crimson, Genesis et j'en passe... Mais quatre décennies plus tard, la majorité d'entre eux ne tiennent plus vraiment la route selon moi, exception faite de Magma et de Gong que j'ai pu voir ces dernières années qui gardent tout leur éclat malgré leur grand âge. Mais je serais tout de même très curieux de voir Three Friends, la nouvelle incarnation de Gentle Giant en concert !

Gianluca De Rossi, leader du groupe TAPROBAN a dit : « L’amateur de Rock Progressif en 2014 est un survivant non-conformiste qui connaît ce qu’il aime et aime ce qu’il connaît, au-delà de toute tendance actuelle de conditionnement. » Pourrait-on avoir ton point de vue ?
Houlà, celle-là, elle est pas facile ! Alors oui je suis d'accord, c'est un “survivant” car le rock progressif est indéniablement rattaché aux années soixante-dix mais intemporel à la fois, et il n'a jamais été récupéré plus tard par un autre mouvement. C'est aussi un art non-conformiste mais à peu près toutes les musiques actuelles depuis les années 60 sont parties d'une volonté de contre-culture donc ce serait réducteur de dire que le rock progressif est le dernier bastion de résistance. Je sais que tout le monde ne sera pas d'accord avec moi au sein de l'asso, mais même le rap a des choses à dire quand il n'est pas conditionné ! Cependant, c'est un genre qui est sous-représenté actuellement, c'est aussi pour ça que je considère indispensable de perpétuer une forme de tradition et de combat via le festival Crescendo.

Et pour finir, en dehors de la musique, as-tu d’autres passions ?
Je ne suis pas très original sur ce point-là : beaucoup beaucoup de films et de séries, mais rien qui ne soit aussi chronophage que la musique !