Il était une fois... Arabs in Aspic

Un nom qui intrigue, une musique un brin nostalgique qui fleure bon les 70s tout en étant moderne… Laissons-nous conter l’histoire de ces quatre norvégiens qui pour sûr, vont mettre le feu au Concié le soir du 16/08. Entretien avec Erik Paulsen, le bassiste.


Racontez-nous l’histoire d’Arabs in Aspic…
Notre groupe s’est tout d’abord lancé dans la musique sous le nom de « Plastic Fingers ». Par la suite, nous l’avons modifié par « Electric Snowjogs » avant de devenir « Pilot ». Sous ce nom, nous avons commencé à enregistrer des démos et puis en 2002, avant de donner un concert, le père du guitariste Tommy Ingebrightsen nous a dits qu’un groupe des années 70 s’appelait déjà « Pilot ». Il nous a fallu alors trouver autre chose. Fortement inspirés par King Crimson « Larks Tongues In Aspic », nous avons ajouté des éléments déjantés au mot « aspic » pour essayer de trouver un nom génial. Pour ça, nous avons cherché l’inspiration dans les journaux et il y avait un mot qui revenait souvent depuis le 11 septembre… c’était le mot « arabe ». Nous avons également cherché sur internet « Arabs in aspic » et avons trouvé un livre à propos de grillons dont le titre était : « Arabs in aspic ». C’était tellement bizarre que nous l’avons choisi. Nous savions aussi que ce nom susciterait de nombreuses questions et serait remarqué... D’autre part, nous avons pensé que le nom du groupe décrirait bien le genre surréaliste de notre musique.

La formation a vu le jour en 1997 en Norvège, à l’initiative du guitariste et chanteur Jostein Smeby et du musicien, joueur de Theremin, Tommy Ingebrightsen. Comme ils partagaient un amour commun pour la musique Heavy Rock des années 70, en particulier Black Sabbath, ils se sont mis à jouer ensemble avec différents musiciens, chacun dans des styles différents de « Heavy Music », jusqu'à ce que Arabs In Aspic  se forme. Les premiers membres permanents étaient Eskil Nyhus et son frère, le bassiste Terje Nyus.

C’est alors qu’ils ont dit «adieu » aux covers et pour la première fois, ils ont sorti en 2003 un EP « Progeria » avec leur propre label « Borse music ». Cet album est uniquement paru sur CD, en 500 exemplaires au premier pressage, puis 500 de plus pour la seconde édition. L’année suivante, le groupe était prêt pour jouer avec le musicien Magnar Krutvik (orgue Hammond), et a édité 1000 exemplaires de « Far out in Aradabia » sur CD, avec leur propre label. Le groupe a ensuite été rejoint par Stig Arve Jorgenson qui faisait l’accompagnement vocal et jouait de l’orgue Hammond, Magnar préférant jouer de la guitare acoustique et du synthé. En 2006, je me suis lié d’amitié avec Jostein, Eskil et Stig et nous avons formé ce qui brièvement fut appelé « Arabs in aspic II ». Le nouvel entrain et nos talents réunis ont alors donné le jour à de nouvelles compositions, et de nombreuses démos ont été enregistrées durant les années suivantes. En 2009, le groupe enregistre aux « Nyhagen studios », l’opus « Strange Frame Of Mind » qui fut par la suite bien accueilli par la critique. L’album est mixé par Kjartan Hesthagen, Arabs In Aspic et Ronni LeTekro et enfin masterisé par Tommy Hansen aux « Jailhouse Studios » au Danmark. Avant la sortie du vinyle de « Strange Frame of Mind » en 2012, nous décidons de revenir au nom initial de la fondation du groupe, c’est-à-dire : « Arabs in Aspic ».


En 2011,  Arabs In Aspic, signe avec  Black Widow Records et édite « Strange Frame Of Mind » sur CD et en numériquel, puis le groupe réédite les deux premiers tirages sur double vinyle. En 2012, le groupe enregistre « Pictures in Dream » dans son propre studio. Durant cette session, figure le légendaire Rune Sundby (chanteur dans les 70s du groupe de Rock Progressif Ruphus ). Il apporte sa contribution sur deux morceaux. L’album est mixé par Jostein Smeby/Arabs In Aspic et masterisé Par Björn  Egelmann (Cutting Room Studios, Suède). Avec la sortie de « Pictures in a dream », plusieurs concerts sont planifiés en Norvège et en Europe et l’enregistrement d’un nouvel album est déjà prévu.

Quelle est votre formation musicale respective ?
J’ai découvert la musique à l’âge de 13 ans, après avoir « gâché » mes jeunes années à jouer au football, au judo et à d’autres sports… Avec des groupes comme Metallica, Death, Dream Theater ou encore Chick Corea, j’ai eu comme une révélation ! C’est à 14 ans, que j’ai commencé à jouer de la basse et à prendre des leçons à l’école de musique locale. Je détestais les partitions et jouais à l’oreille… Jostein, a très vite été fidèle au vinyle malgré son jeune âge, et lorsqu’il a découvert le Rock classique, il est tombé amoureux de la musique de Black Sabbath. Il a commencé à jouer de la guitare à 13 ans, principalement des reprises de Heavy Métal, puis composé sa propre musique quelque temps après. Il est professeur de musique, dirige un studio, étant à temps partiel producteur. Eskil a toujours été intéressé par le Rock et le Métal mais il s’est «adoucit » au fil des années. Quant à Stig, il a grandi dans une famille de musiciens, son père jouait de l’orgue Hammond , avait un magasin de musique et travaillait pour une station radio. Entouré d’instrumentistes, il est tombé dans la musique très tôt, elle coule dans son sang… Il joue de nombreux instruments.


A ceux qui ne connaissent pas encore votre musique, vous leur diriez quoi, pour leur donner envie de l’écouter ?
Si vous aimez le Rock classique et le Progressif, vous trouverez ce que vous cherchez ici. Si vous aimez la musique, alors écoutez la nôtre. Il y aura toujours un ou deux morceaux qui vous plairont !

Quelles sont vos principales influences ? Et vos groupes de Rock favoris ?
ça différe d’un musicien à l’autre. Stig et moi-même, sommes plus attirés par le Prog mélodique ou le Jazz (Yes, Pink Flyod, Genesis, Zappa, DT, Farmer’s Maket, KC), entre autres. Jostein est un grand fan de Black Sabbath, mais il aime également beaucoup le  Heavy Prog  du début des 70s, le Krautrock et les groupes de Rock classique de la période 1967-1973, et bien sûr Les Beatles, d’ailleurs il collectionne leurs albums. Eskil est principalement attiré et influencé par The Beatles, King Crimson et Radiohead.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre nouvel album ?
« Pictures in a Dream » est un peu différent mais son itinéraire est le même que « Strange Frame of Mind ». Nous trouvons que dans l’ensemble cet album est plus contrasté, du son de piano le plus doux aux riffs de guitares les plus durs et  sales. Il nous fallait trouver les bons morceaux, les bons instruments et une approche personnelle. Nous avons également mis l’accent sur les voix. Nous chantons beaucoup plus ensemble que sur le précédent album. Pour lui donner une dimension plus importante, nous avons fait appel à Rune Sundby (ancien membre du groupe légendaire des années 70,  Ruphus). Il y chante sur plusieurs morceaux. Nous avons également produit l’album nous-mêmes, donc le son est meilleur !

Avez-vous déjà entendu parler du festival Crescendo ? A quoi vous attendez-vous ? Est-ce la première fois que vous jouerez en France ?
Oui nous connaissons ce festival de renom. Parce que pas mal de nos groupes favoris y ont joué de même que certains de nos amis comme Beardfish et White Willow. On s’attend à un public fantastique, réceptif et qui aime la musique. C’est la 1ère fois que nous jouerons en France et la 2nde fois à l’étranger. La 1ère fois que nous avons joué en dehors de la Norvège, c’était en 2012, au festival TERRA INCOGNITA au Québec, donc ce sera pour nous, la seconnde fois dans un pays francophone.


Vous venez de Norvège. Comment va le Prog là-bas ?
Il y a en fait quelques groupes de Rock/Métal en Norvège qui suscitent un intérêt assez grand. Le Métal Progressif est peut-être le genre de musique Prog qui attire le plus les jeunes aujourd’hui. Cependant on voit de plus en plus de groupes inspirés des 70s apparaitre et s’envoler dans les charts, donc on peut dire sans aucun doute que le public pour ce style musical est en train de grandir. Le marché du vinyle relatif au Rock Progressif se porte bien aussi en Norvège.

Quelles sont vos dernières acquisitions musicales ?
Jostein achète principalement d’anciens albums, mais dans ses acquisitions les plus récentes, on y trouve des groupes comme Orango, Graveyard, Blood, Ceremony, Orchid, Tusmorke. Ma Top-list est constituée de Beardfish, Anglagard, David Bowie, Moetar, Farmer’s Market, et Tusmorke. Eskil, c’est plutôt Mastodon, Tame Impala et Elephant9. Stig est également orienté musique vintage mais apprécie beaucoup aussi Elephant9.

Vous avez été profondément inspirés par les 70s. Auriez-vous aimé vivre à cette époque, si faste pour le Prog ?
« Avez-vous déjà voulu gravir la montagne ? Avez-vous déjà voulu jouer sur l’île de Wight ? Avez-vous déjà voulu nager dans sa fontaine ? Avez-vous déjà voulu chanter et danser toute la nuit ? » Oui, mais on essaie de rendre la musique progressive à nouveau populaire, donc ça ne sera pas nécessaire !

Quelle est votre devise ?
Accrochez-vous bien à votre moumoute, voici Arabs in Aspic !

Enfin, un dernier « mot » pour nos lecteurs ?
Nous avons hâte de vous voir tous et de jouer devant un tel rassemblement d’amateurs de Rock Progressif ! Prenez soin de vous et n’oubliez pas d’aller faire un tour sur nos sites internet.